le scialet des sarrasins

Il est 23h lorsque nous arrivons au clos de la Balme, petite station de ski, tout près de Corençon en Vercors. Nous dormons sur le parking. Le Samedi, nous attaquons la marche d’approche vers 10h, Cyrille a comme d’habitude un chargement digne d’un sherpa himalayen.

Sur le chemin, les semelles de mes deux chaussures s’arrachent, je finis avec des espèces de charentaises au pied. Il nous faut 1h45 pour atteindre le pas de la Balme, puis 5mn pour rejoindre la croix d’où démarre la vire d’accès au trou. Sur le topo, il est précisé que l’équipement de cette vire n’est utile que dans certaines conditions : pluie, neige… Nous avons constaté que pour des spéléos responsables, il faut absolument l’équiper. Les pitons sont en place, il faut juste une corde de 50 m et 4 mousquetons.


Il est 13h45 quand Bernard commence à équiper, Cyrille et moi suivons juste derrière. Pour le puits d’entrée, jusqu’au pendule une corde de 50m suffit amplement.

Pour accéder au R5, il faut franchir une petite étroiture pas bien méchante mais qui se révélera bien usante au retour avec un kit. Le P30 est beau et présente un beau volume.

Au bas de celui-ci, il faut encore descendre facilement un R2 avant de remonter facilement une escalade de 2m sur la droite.

La suite se déroule sans problème jusqu’au méandre de la sécade. Les 50 premiers mètres se passent sans problème, mais dés que l’on arrive dans la zone concrétionné : ça se gâte…. Bernard s’engage, grogne et ressort de l’étroiture, il décide d’enlever tout son matos et de ne garder que le baudrier (ce qui m’inquiète beaucoup). Je le regarde à nouveau s’engager dans le passage et cette fois-ci, il passe sans trop de difficulté, je m’engage à mon tour, mon stress est beaucoup plus grand que ma difficulté à franchir l’étroiture. La suite du méandre est une succession d’étroitures qui se passent sans grosse difficulté, si l’on prend la précaution d’enlever son matos et que l’on se passe les kits. Nous sommes très heureux d’atteindre enfin le P6, le P17 où nous rejoignons un petit actif qui rafraîchi bien la température. Nous voilà enfin dans la fameuse galerie des chaudières. Partout où nos yeux se posent, il y a des concrétions. La blancheur de celles-ci contraste avec les couleurs ternes de la partie fossile. Nous nous attardons pour faire chauffer les flashes et l’appareil photo.


Pour la suite nous trouvons une différence avec la description du topo : Quelques mètres après la base du P12, nous sommes passés par le soupirail (petit ressaut) qui nous permet de rejoindre l’actif. Nous franchissons un passage bas dans une flaque d’eau où avec un peu de délicatesse on ne se mouille que les avants bras (nous n’avons pas trouvé de R5). Nous suivons ensuite le méandre en restant à niveau pour atteindre le P7.

La suite de la grande galerie des chaudières est très décevante, le plafond est bas, par endroit il faut se baisser et la progression se fait sur des blocs jusqu’au gours terminal à -448.

Cela fait 6h que nous sommes sous-terre.
Une courte pause pique-nique et nous voilà sur le chemin du retour. Je me charge du déséquipement. Nous passons le méandre de la sécade ensemble pour se passer les kits. Cyrille passe devant Bernard pour « soi-disant le laisser passer ». Bernard se sert donc du pauvre bougre comme d’un tabouret pour franchir l’étroiture verticale. Le déséquipement se termine tranquillement jusqu’à 2h du matin. A la sortie, je m’aperçois que mes bottes se sont ouvertes et que les lames des semelles sont en train de se faire la belle. Je remercie grandement Bernard pour avoir équipé et déséquipé la vire. Nous sommes très heureux d’avoir pris nos duvets pour dormir au pas de la Balme.

Nous nous réveillons vers 9h. Cette courte nuit, nous a permis de ne pas décaler notre horloge biologique. La descente pour le retour jusqu’au parking, nous permettra de bien nous charger les cuisses en acide lactique.

TPS : 12h